Les évenements glorieux appellent des célébrations.
Voici dans l’histoire de l’Empire du Mali un exemple qui représente à la fois la célébration d’une victoire et une contribution à l’histoire de l’Afrique et du monde.
Après sa victoire sur Soumangourou Kanté, Roi du Sosso, lors de l’historique bataille de Kirina au début du XIIIe siècle, Soundiata Keita fit
convoquer en assemblée générale les cεkun, « hommes de tête » du Mandén, acquis à sa politique afin de leur soumettre pour approbation, après enrichissement s’il le fallait, la Charte du Mandén nouveau. Car, déclara-t-il : « Maintenant que nous sommes maîtres de notre destin, nous allons installer la patrie sur des bases solides et justes. Pour ce faire, édictons des lois que les peuples se doivent de respecter et d’appliquer ».
Au terme de l’assemblée générale qui a enregistré la présence du « Mandén
tout entier » et ses alliés, une Charte fut solennellement proclamée à Kouroukan Fouga au coeur du Mandén à 90 km de Bamako, dans l’actuelle République du Mali : la charte du Manden, charte du Mandén, charte de Kouroukan Fouga, ou encore, en langue malinké, Manden Kalikan.
Édictée sous forme de serment, la proclamation comprend un préambule et sept chapitres (l’entente et la paix sociale dans la diversité ethnique et culturelle ; l’inviolabilité de la vie humaine et la prohibition de la torture physique ou morale ; l’éducation au sein de la famille par devoir de respect des parents, d’entretien des membres de la famille et d’encadrement des enfants ; l’intégrité de la patrie et la protection de la personne humaine ; la sécurité alimentaire ; l’abolition de l’esclavage par razzia ; la liberté d’expression et d’entreprise) sous forme de règles de conduite de la vie publique et au sein de la famille. Ces chapitres sont les suivants :
– l’entente et la paix sociale dans la diversité ethnique et culturelle;
– l’inviolabilité de la vie humaine et la prohibition de la torture physique ou morale (ch. 1 et 2) ;
– l’éducation au sein de la famille par devoir de respect des parents, d’entretien des membres de la famille et d’encadrement des enfants (ch. 3);
– l’intégrité de la patrie et la protection de la personne humaine (ch. 4);
– la sécurité alimentaire (ch. 5) ;
– l’abolition de l’esclavage par razzia (ch. 5 et 6) ;
– la liberté d’expression et d’entreprise (ch. 7).
La Charte du Mandén, proclamée au XIIIe siècle à Kouroukan Fouga, apparaît ainsi comme l’une des plus vieilles constitutions du monde.


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