Héritages : continuités et discontinuités.
Ayoutoufèï Guédégué
Les quatre frères. 1er prix.
Ayoutoufei est un jeune artiste illustrateur du Bénin. Fort de plusieurs ateliers de formation en dessin il s’est donné pour défi de toujours faire paraitre l’idéal.


Pour lui, toute écriture est utile pour enseigner et éduquer afin que l’humanité retrouve son équilibre. L’illustration est pour lui une forme d’écriture pour expliquer le monde intérieur à l’univers extérieur. C’est tout cela qu’il a voulu partager dans sa candidature. Ayoutoufei a voulu partager la beauté des paysages des maisons traditionnelles Haoussa telle que les Tata Somba et la belle morale portée par le personnage du dernier à qui l’on ne donne pas de crédit mais qui se fait confiance et réussit



Irina Condé
La forêt sacrée. 2ème prix.
Dans son travail Irina Condé essaie de se rapprocher du dessin animé dans le but de mettre en avant l’expression et la sensibilité des personnages.
Ce média permet de ressortir les émotions et le langage corporel. C’est une forme de narration par les gestes et l’expressivité des personnages.



Irina affectionne tout particulièrement les techniques telles que la gravure, l’aquarelle; l’acrylique et le collage. La proposition d’Irina s’inspire du style Bas-Relief Dogon, style de gravure sur bois venu du Mali, qu’elle transforme par ordinateur pour être adapté au format papier.
Le style correspond bien à l’illustration de l’univers fantastique raconté par La forêt sacrée à la frontière du rêve, du surnaturel et de la réalité. cette forme permet de donner vie particulière à la forêt.
Le style Dogon se complète magnifiquement de la technique de collage dans laquelle excelle Irina. Ce format est une innovation dans le champs de l’illustration et permet de renforcer le surréalisme des tableaux et la beauté des scènes.
Nicolas Condé est l’auteur de Il était une fois la forêt sacrée.
L’apport du travail de Irina Condé à l’édition jeunesse est fort intéressant.
Il permet aux jeunes de jeter un regard nouveau sur leur histoire en partant d’une technique artistique et apporte une signature visuelle singulière à l’édition africaine en général.
Ce choix, puisqu’il met en dialogue plusieurs époques permet également de se poser des questions sur le mélange culturel du passé et de la vie moderne : peut-on préserver nos coutumes et notre vision artistique dans un monde en perpétuel changement?
Il était une fois la forêt sacrée a fait l’objet d’une coédition entre Les Editions Ruisseaux d’Afrique (Bénin), les Editions Gaandal (Guinée)
Depuis plus de 30 ans diplômée de l’Institut de cinématographie de Moscou (Section Dessin animé), Irina Condé vit en Guinée. Elle compte parmi les artistes les plus en vue du pays et se bat au côté de nombreuses associations pour donner de la visibilité au secteur artistique et culturel guinéen.



Roger B. Yaratchaou
Il fait nuit depuis deux jours. 3ème prix.



Avec de nombreuses publications à son actif, telles que La robe de nini, La fête de l’igname, De Théo à Fatou (issue d’une collaboration avec la ville d’Evreux), Le jardin des rues, Hêdomey, Zannou sur les traces de grand père, Le livre des parents, etc. Roger Boni Yaratchaou est un doyen du monde de l’illustration du livre de jeunesse au Bénin. Il a déjà publié pour tous les publics, de la tendre enfance à l’adolescence.
Né en 1969, cet illustrateur du département de la Donga à déjà animé de nombreux ateliers de médiation culturelle, de création illustrative au bénin comme en France.
Roger se passionne pour des techniques telles que l’acrylique sur toile ou sur papier. Son travail et sa recherche mettent l’accent sur le mouvement et les couleurs de même que la légèreté et le dynamisme. Que les images et les couleurs s’envolent au gré du vent.
Il fait nuit depuis deux jours a à cœur de restituer l’ambiance des cérémonies de circoncision masculine.
L’album traduit la peur, la terreur au cœur de l’enfant qui va subir l’épreuve initiatique.
La réflexion sur l’héritage est celle du lien dans la vie comme dans la mort, la foi dans la vie, le soin que l’on prend des plus vulnérables… Ces Valeurs-Héritage, Roger se bat pour les restituer et les conserver au cœur de chacun.
Il valorise aussi l’habitat, l’environnement, les vêtements et apparats qui honorent le corps.



Senami Donoumassou
Kaleta. Mention spéciale du Jury
Hermance Sènami Donoumassou a une démarche créative simple et expressive. Illustrer le plus simplement l’idée véhiculée par le texte pour faciliter la compréhension au lecteur.
La technique d’illustration qu’elle utilise est mixte une partie de son travail est réalisée manuellement et l’autre à l’ordinateur.



Avec déjà un livre à son actif (Le mirroir, 2018) Sènami a déjà réalisé de nombreuses expositions telle que l’expo PotoNo’art à Cergy Pontoise (France), l’exposition « Amazones » au Centre à Abomey-Calavi (Bénin), « Jeunesse et patrimoine » à Ouadada (Porto Novo), etc. Inscrit dans la culture populaire, la Kaléta est une distraction d’enfants à l’occasion des fêtes de fin d’année au Bénin. Masque comique porté par un danseur accompagné d’une poignée de chanteurs et de joueurs de tam tam, le Kaléta représente aujourd’hui un héritage culturel et ludique qui se transmet par les habitudes. Cependant malgré son caractère populaire le kaléta demeure une distraction réservée essentiellement aux garçons.

Une femme ne pouvant dans la culture populaire porter ce masque Dans l’histoire de Sènami, Houéfa veut faire exception à cette règle. Sènami ouvre à une femme un espace qui était exclusivement masculin. Dans l’univers de l’édition en Afrique, ce projet est aussi destiné à sensibiliser la jeunesse sur la notion d’héritage mais aussi sur la capacité de la jeune fille comme le jeune homme à rêver le monde, à avoir les même droits.



